En bref. Le statut 213 Rejetée est un rejet technique : un contrôle automatique a détecté une donnée manquante ou invalide avant que la facture n'atteigne son destinataire. Rien à voir avec le 210 Refusée, qui est une décision commerciale de votre client. Dans les premières semaines, cinq causes concentrent l'essentiel des rejets : SIREN acheteur absent ou inconnu de l'annuaire, mention obligatoire manquante, incohérence de TVA, code de routage erroné, non-conformité au format. La correction suit toujours la même logique : lire le motif, corriger à la source, redéposer.
213 Rejetée ≠ 210 Refusée
C'est la confusion la plus coûteuse des premiers jours, parce qu'elle envoie le problème à la mauvaise personne.
| 213 Rejetée | 210 Refusée | |
|---|---|---|
| Nature | Rejet technique, automatique | Refus commercial, humain |
| Qui décide | Le circuit (plateforme, contrôles) | Le destinataire de la facture |
| Motif type | Donnée manquante ou invalide | Prestation contestée, montant erroné, commande absente |
| Qui traite chez vous | La personne qui émet (compta, ADV) | Le commercial ou l'ADV en charge du compte |
| Correction | Corriger la donnée et redéposer | Traiter le litige, avoir puis nouvelle facture si besoin |
Un 213 ne veut pas dire que votre client n'est pas content : dans la plupart des cas, il ne l'a même jamais vue. Le mode d'emploi du refus commercial est traité à part dans refuser une facture électronique.
Les cinq causes qui reviennent le plus
1. Le SIREN de l'acheteur est absent, faux ou inconnu de l'annuaire
C'est la cause n° 1, et de loin. Une facture électronique s'adresse à un identifiant publié à l'annuaire : sans lui, ou avec un identifiant inconnu, la facture n'a pas de destination.
Trois variantes à distinguer :
- Identifiant absent : la facture n'est en général pas partie, elle attend dans une file de complétion.
- Identifiant syntaxiquement invalide : neuf chiffres attendus, clé de contrôle incorrecte, SIRET saisi à la place du SIREN.
- Identifiant valide mais non publié : l'entreprise existe, mais elle n'est pas (ou pas encore) rattachée à une Plateforme Agréée.
Le troisième cas est le plus frustrant, parce qu'il ne dépend pas de vous. Dans les semaines qui suivent l'entrée en vigueur, il concerne les entreprises encore en cours d'onboarding : la bonne réaction est de prévenir votre client, pas de réémettre en boucle. Voir le SIREN de votre client et l'annuaire de la facturation électronique.
2. Une mention obligatoire manque
La réforme enrichit la liste des mentions attendues sur une facture. Les oublis les plus fréquents portent sur la nature de l'opération (biens, services ou mixte), l'adresse de livraison lorsqu'elle diffère de l'adresse de facturation, ou l'option TVA sur les débits quand elle s'applique. Nous consacrons un article entier à cette liste le 17 septembre.
3. Une incohérence de TVA
Le contrôle vérifie la cohérence arithmétique : base HT par taux, montant de TVA par taux, total TTC. Une remise appliquée après coup, un arrondi ligne à ligne, une exonération sans mention de l'article du CGI, et le document ne passe pas.
4. Un code de routage erroné
Chez un destinataire multi-établissements, le SIREN ne suffit pas : le code de routage aiguille la facture vers le bon service ou le bon site. Un code périmé (réorganisation interne, fermeture d'un établissement) produit un rejet alors même que l'identifiant d'entreprise est bon.
5. Une non-conformité de format
Plus rare quand on émet depuis une Plateforme Agréée, qui génère elle-même le document normé. Ce cas concerne surtout les flux entrants via API ou dépôt de fichier, quand la structure EN 16931 n'est pas respectée. Voir le comparatif Factur-X, UBL et CII.
La procédure de correction, dans l'ordre
- Lire le motif. Le rejet est motivé : c'est la première chose à ouvrir, avant toute réémission. Un rejet traité sans lire le motif se reproduit à l'identique.
- Corriger à la source. Si le SIREN était faux dans votre CRM ou votre outil de facturation, corrigez-le là-bas, pas seulement sur la facture. Sinon la prochaine facture au même client repartira en rejet.
- Redéposer. La facture corrigée repart dans le circuit. Certaines plateformes, dont WeInvoice, permettent de régénérer le fichier réglementaire corrigé sans changer le numéro de facture : c'est important pour votre séquence de numérotation et pour la lisibilité comptable.
- Vérifier le nouveau statut. Une correction n'est acquise qu'au retour du 200 Déposée.
- Prévenir si le délai s'allonge. Un rejet consomme des jours sur un délai de paiement qui, lui, court toujours. Si la correction dépend de votre client (un SIREN à obtenir, une publication annuaire à attendre), dites-le-lui.
Traiter les rejets sans y passer ses journées
Trois réflexes d'organisation valent mieux que n'importe quel outil :
- Un créneau quotidien de dix minutes sur les rejets, la première quinzaine. Le stock ne se forme jamais si on le traite au fil de l'eau.
- Un tableau des motifs. Notez la cause de chaque rejet pendant deux semaines : vous verrez apparaître deux ou trois causes systémiques, souvent une donnée manquante dans un seul outil. Corriger la source vaut cent corrections unitaires.
- Des alertes plutôt qu'une consultation. Si votre système d'information est branché en API, les webhooks poussent le changement de statut en quelques secondes, au lieu d'attendre le prochain passage manuel.
Un mot sur les flux déclarés irrecevables
À côté du rejet d'une facture, un flux entier déposé auprès de la plateforme peut être déclaré irrecevable, cas typique d'un lot mal formé transmis par API ou par fichier. Le traitement est le même dans l'esprit : identifier le motif, corriger le flux, le rejouer. La différence est l'échelle : un lot rejeté, ce sont potentiellement des dizaines de factures à ne pas laisser dormir.
Questions fréquentes
Q : Quelle est la différence entre une facture rejetée (213) et refusée (210) ?
R : Le 213 est un rejet technique produit par les contrôles automatiques du circuit : une donnée est manquante ou invalide, et la facture n'atteint pas son destinataire. Le 210 est un refus commercial décidé par le destinataire, qui a bien reçu la facture mais la conteste.
Q : Dois-je changer le numéro de ma facture après un rejet 213 ?
R : Non, ce n'est pas nécessaire : la facture n'a pas été valablement transmise. Certaines plateformes, dont WeInvoice, permettent de régénérer le fichier réglementaire corrigé en conservant le numéro d'origine, ce qui préserve la continuité de votre séquence de numérotation.
Q : Pourquoi ma facture est-elle rejetée alors que le SIREN de mon client est correct ?
R : Le SIREN peut être valide sans être publié à l'annuaire : c'est le cas d'une entreprise qui n'a pas encore terminé son rattachement à une Plateforme Agréée. La facture n'a alors pas de destination connue. Prévenez votre client plutôt que de réémettre.
Q : Le délai de paiement repart-il de zéro après une correction ?
R : Non. Le cadre légal des délais de paiement ne se réinitialise pas parce qu'une facture a été rejetée pour un motif technique. C'est précisément pour cela qu'un rejet doit être traité dans la journée, et non en fin de mois.
Q : Comment éviter les rejets en série ?
R : En corrigeant la donnée à sa source (CRM, outil de facturation, base clients), et pas seulement sur la facture rejetée. Un rejet répété est presque toujours le symptôme d'un champ mal renseigné en amont.
À retenir
- 213 = technique, 210 = commercial : les deux ne se traitent ni par les mêmes personnes ni de la même façon.
- Cause n° 1 des premières semaines : le SIREN acheteur absent, invalide ou non publié à l'annuaire.
- Toujours lire le motif avant de réémettre, et corriger à la source.
- La correction peut en général se faire sans changer le numéro de facture.
- Le délai de paiement ne se réinitialise pas : un rejet se traite dans la journée.
Pour aller plus loin
- Refuser une facture électronique : le mode d'emploi
- Le cycle de vie d'une facture électronique
- Le SIREN de votre client
- Webhook facture électronique : suivre ses statuts en temps réel
- Réforme 2026 : guide complet
Article publié le 2026-09-03 par Gauthier Jozan.
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